Le niveau, tout le monde le voit. Et le mouvement ?
Que les pays riches aient peu de pauvreté extrême, personne n'en doute — c'est presque une définition. La vraie question est dynamique : quand un pays s'enrichit, ses pauvres en profitent-ils ? On mesure donc, pour chaque pays, la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant réel et, en face, la variation de son taux de pauvreté sur la même période. Une pente montante = la croissance s'accompagne d'un recul de la pauvreté.
Croissance du PIB/hab contre recul de la pauvreté
Comment lire ce graphique
L'axe horizontal donne la croissance annuelle moyenne du PIB par habitant (en dollars constants, corrigés de l'inflation) sur la fenêtre choisie. L'axe vertical donne le recul du taux de pauvreté sur la même fenêtre : vers le haut, la pauvreté a diminué ; vers le bas, elle a augmenté. Les points de départ et d'arrivée de la pauvreté sont appariés à l'enquête ménage la plus proche (± 3 ans).
Le filtre « pauvreté de départ ≥ 5 % » écarte les pays déjà quasiment sans pauvreté au seuil considéré (surtout les pays riches au seuil extrême) : sans marge de recul possible, ils écraseraient la relation autour de zéro. Le décochez pour voir tous les pays.
Ce constat ne dit pas que la croissance suffit — la redistribution, les inégalités de départ et la nature de la croissance comptent. Il dit que, dans les faits, croissance et recul de la pauvreté vont massivement de pair. C'est le cœur du consensus Dollar & Kraay / Ravallion : en moyenne, la croissance profite aux pauvres à peu près proportionnellement.