La croissance ne suffit pas à tout — mais elle demeure un formidable levier de bien-être, dans les pays pauvres comme dans les riches
Contrairement à une idée répandue — celle de bénéfices de la croissance qui se seraient « évaporés » —, le lien entre richesse par habitant et bien-être est fort sur de nombreuses variables, dans toutes les dimensions testées (165 indicateurs, 11 familles, Eurostat · Banque mondiale · OIT · OCDE) :
- Monétaire & matériel — consommation individuelle effective (R² = 0,82), consommation des ménages (0,80 sur 149 pays), salaires (médiane r ≈ 0,86), revenu disponible ;
- Pauvreté — R² = 0,84 au seuil de 8,30 $/j sur 139 pays, et 0,89 à l'intérieur même de l'OCDE — un périmètre qui compte encore des membres à revenu intermédiaire (Colombie, Mexique…) ; chez les plus riches, ce seuil approche lui aussi son plancher (voir l'effet plancher) ;
- Santé, logement, éducation de base — espérance de vie (courbe de Preston), accès à l'eau et à l'électricité, acquis scolaires mondiaux ;
- Et la dynamique confirme le niveau — sur 20 ans, les pays dont le PIB/hab a le plus augmenté sont aussi ceux où la pauvreté a le plus reculé (r ≈ +0,72 pondéré par la population : Chine, Inde, Bangladesh, Vietnam…).
Cela dit, la croissance ne fait pas tout, loin de là : plusieurs variables ne lui sont pas ou peu corrélées — inégalités (message c), écart salarial femmes-hommes, scores PISA au sein de l'Europe. Ce qui montre au passage qu'elle ne leur nuit pas non plus. Et attention au piège de lecture : le lien avec la pauvreté extrême (3,00 $/j) « disparaît » dans l'UE et la zone euro uniquement parce qu'elle y est déjà éteinte — un effet plancher, conséquence même du succès.