Nécessaire, sans être suffisant ?
On a testé 71 indicateurs de bien-être (Eurostat + Banque mondiale + OCDE) contre le PIB par habitant. Ce qui ressort — sans prétendre trancher un débat que les économistes n'ont pas clos — : le niveau de richesse semble aller de pair avec les dimensions monétaires et matérielles (revenu, consommation, dépenses de santé, pauvreté), et même avec la satisfaction de vie déclarée ; beaucoup moins avec les ratios relatifs et institutionnels (écart salarial femmes-hommes, coefficient de Gini, scores PISA au sein de l'Europe). Rien de mécanique là-dedans — la redistribution et les institutions décident de la conversion — mais le lien paraît réel, robuste, et présent jusque dans le club des pays riches. À vous de juger sur pièces.
Toutes les corrélations, du plus fort au plus faible
Chaque ligne : un indicateur de bien-être confronté au PIB par habitant. Choisissez le périmètre de pays sur lequel calculer la corrélation ; la colonne robustesse indique si le lien tient à travers les différents sous-échantillons. Regroupées par famille, triées par force. Cliquez une ligne pour ouvrir le deep-dive de sa catégorie.
Comment lire — 👍 mieux la croissance améliore l'indicateur · 👎 pire elle le dégrade · ↔ sans effet lien faible ou nul (R² ≤ 0,15). signif. 5 % : ✱ régression significative (test de Student), ✗ non. robustesse : le lien garde-t-il le même sens et sa significativité quand on change de périmètre (zone euro, UE, OCDE, monde) ? « très robuste » = tient dans toutes les spécifications testées. Le Mondial n'existe que pour les indicateurs Banque mondiale (les données Eurostat sont européennes). Un lien peut être significatif (réel) mais faible (petit effet). Le bouton Synthèse ⚖ résume, pour chaque variable, le sens et la force de l'association à travers les quatre périmètres d'un coup d'œil.
La croissance recule-t-elle encore la pauvreté ?
Au-delà du niveau, le mouvement : on avance souvent que la croissance ne profiterait plus aux plus pauvres. Or, dans les pays où le PIB par habitant a le plus augmenté sur 20 ans, la pauvreté a plutôt eu tendance à le plus reculer — corrélation r ≈ +0,72 (R² 0,52), plus nette encore une fois pondérée par la population. Chine, Inde, Bangladesh, Vietnam en tête.
Huit familles, autant de deep-dives
Chaque catégorie a sa page dédiée : classement des indicateurs + nuage interactif, choix UE / zone euro (ou Monde), formes d'ajustement automatiques et masquage des économies atypiques.
Un consensus, et sa réserve
« Economic growth is the single most important factor influencing poverty. »Fonds monétaire international — Macroeconomic Policy and Poverty Reduction. (Formule souvent attribuée à tort à la Banque mondiale ; le libellé verbatim est celui du FMI.)
« Growth alone is not sufficient for poverty reduction. Growth associated with progressive distributional changes will have a greater impact on poverty than growth that leaves distribution unchanged. »FMI, même document — la réserve est dans la source elle-même. L'efficacité de la croissance dépend de l'inégalité (élasticité ≈ −2,3 si Gini<40 ; ≈ −1,4 au-delà) et du contenu sectoriel de la croissance.
Lecture — ce site ne prétend pas que « la croissance suffit ». Il documente, chiffres officiels à l'appui, qu'elle reste nécessaire et fortement corrélée au bien-être matériel — un fait trop souvent balayé dans le débat sur la « post-croissance ». Chaque graphe est auditable et téléchargeable.